UBER: Wall-Street reste sceptique à l’introduction en bourse du géant

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Uber est une entreprise technologique américaine qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. Elle a été lancé à San Francisco afin de changer les habitudes de consommation du transport des populations urbaines, de réduire le nombre de véhicules particuliers et de devenir acteur d’un écosystème de transports partagés

En décembre 2018, Uber a déposé son dossier auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) dans le cadre d’une entrée en Bourse. Ce projet a été l’occasion de plonger dans la réalité économique et financière de ce géant du transport urbain dont le modèle économique a été longtemps critiqué.

Uber n’est pas à la porte de la rentabilité

Malgré le financement de sa croissance par des géants et des fonds comme Menlo Ventures, Jeff Bezos, Goldman Sachs, Google Ventures, TPG et le groupe Benchmark, l’entreprise de VTC continue de faire des pertes. Uber a enregistré un chiffre d’affaires de 11,27 milliards de dollars en 2018 contre 7,93 milliards en 2017, soit une progression de 42%. L’entreprise est parvenue à dégager un bénéfice net de près d’un milliard de dollars, contre une perte de 4 milliards en 2017, mais cela est dû à des revenus exceptionnels provenant principalement de la vente de ses activités en Russie et en Asie du Sud-Est. La perte d’exploitation, qui reflète mieux la situation opérationnelle de l’entreprise, a quant à elle atteint 1,8 milliard de dollars. Au 31 décembre 2018, Uber avait accumulé un déficit de 7,9 milliards de dollars. 

De plus la société affirme: «Nous prévoyons que nous continuerons à subir des pertes à court terme en raison de l’augmentation substantielle prévue de nos dépenses d’exploitation, car nous continuons d’investir afin: d’augmenter le nombre de conducteurs, de consommateurs, de restaurants, d’expéditeurs et de transporteurs utilisant nos services; via des incitations comme des réductions et promotions sur notre plateforme». En suivant son plan de développement, ce déficit continuera de s’agrandir en raison des autres dépenses d’investissement prévues et des coûts associés dans le cadre de la conquête de nouveaux marchés. Ceci étant, le géant se voit d’avantage éloigner de la rentabilité. 

Autre fait marquant, Uber est parvenu à fidéliser 91 millions d’utilisateurs mensuels en 2018, 34% de plus que l’année précédente. Mais entre 2017 et 2018, ce chiffre avait bondi de 51%. Il en est de même pour le chiffre d’affaires. S’il a augmenté de 42% cette année, la progression avait été de 106% l’année précédente. Le ralentissement de la croissance et clairement exprimé.

Un modèle économique loin d’être stable

Dans les revenus bruts issus des trajets en voitures et des livraisons de repas, presque tout est englouti par la partie qui sert à rémunérer les chauffeurs, celle qui revient aux restaurateurs et aux livreurs puis par les incitations accordées aux conducteurs pour les encourager à utiliser Uber plutôt qu’une autre plateforme. «Nous pouvons choisir d’utiliser des incitations, telles que des promotions pour les chauffeurs et les consommateurs, pour attirer les utilisateurs de la plateforme des deux côtés de notre réseau. Cela peut générer une marge négative jusqu’à ce que nous atteignions une taille suffisante pour réduire les incitation », explique la firme américaine. L’entreprise multiplie les promotions pour les utilisateurs ou les incitations pour les chauffeurs et n’a pour l’instant aucune intention de ralentir sur ce point. Uber pense que «de manière générale, pour un marché géographique donné, nous pensons que l’opérateur avec le plus grand réseau aura une marge plus élevée que l’opérateur avec le plus petit réseau»

En outre de ce que l’entreprise pourrait dégager si elle parvient à éliminer la concurrence, elle mise sur ses projets du futur. On y retrouve notamment le développement de la voiture autonome, qui permettrait par la même occasion de supprimer le recours aux chauffeurs. À cela s’ajoute Uber Elevate, son projet de taxis volants dont elle prévoit le lancement pour 2023. Mais en attendant, ces deux projets pèsent surtout sur sa rentabilité à long terme. Rien que l’année dernière l’entreprise y a consacré 457 millions de dollars en R&D. Au total, les coûts en R&D de la firme américaine ont atteint plus de 1,5 milliard de dollars en 2018. 

Modèle économique d’Uber

En milliards de dollars. Exercice clos au 31 Décembre 2018

Une introduction distante de 7% de l’objectif avec un Wall-Street est qui resté méfiant

Le 10 mai 2019, Uber est partiellement introduit en bourse et lève 8,1 milliards de dollars en atteignant systématiquement une valorisation de 82 milliards de dollars. Même si cela en fait l’une des dix plus importantes introductions en bourse réalisées aux USA elle reste cependant en dessous des attentes. D’après les chiffres précédemment annoncés, Uber devait dépasser la valorisation cible de 90 milliards de dollars avec un cours compris entre 44 et 50 USD.

Son principal concurrent, Lyft, a essuyé des débuts difficiles sur le Nasdaq. À la clôture ses actions se négociaient autour de 51,9 dollars, loin de son prix d’introduction de 72 dollars.

En comparaison, Lyft n’opère qu’aux États-Unis et au Canada et ne développe qu’une activité de VTC, Uber est présent dans plus de 63 pays, et 700 villes, et a étendu ses services à la livraison de repas, à la location de vélos et trottinettes en libre-service ou encore au transport routier avec Uber Freight. De plus, Lyft, qui pour l’instant perd aussi beaucoup d’argent à hauteur de 911 millions de dollars l’année dernière, ne jouit pas d’une reconnaissance de marque aussi forte qu’Uber.

Uber vs Lyft

Comparaison de UBER et Lyft

Il faut aussi noter qu’à quelques jours de son introduction en bourse, la grève des chauffeurs Uber dans une dizaine de villes, est venue rappeler aux dirigeants de l’entreprise le doute qui persiste sur leur modèle économique associé aux des menaces légales et réglementaires et une perte d’exploitation de trois milliards de dollars en 2018. Conséquence l’action Uber valait 41,57 USD à la fermeture de Wall-Street ce vendredi contre 45 USD à son entrée soit un recul de $3,43 estimé à une variation négative de 7,62 %.

À propos d’UBER

Uber, anciennement UberCab, est une entreprise technologique américaine qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport.Le siège social d’Uber : San Francisco, Californie, États-Unis. Sa société mère est Soft Bank. Uber détient des Filiales comme Uber Eats, Otto, Jump Bikes, deCarta, Rasier-CA llc, PLUSSes Fondateurs sont : Travis Kalanick, Garrett Camp


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